Ilest possible qu’interviennent dans vos rĂȘves des signes astrologiques vous les rĂ©vĂ©lant. À travers les cycles de vie terrestre, voici les Ăąges correspondant aux astres. La Lune: la prime enfance (0 Ă  6 ans) et la fin de la vie (40 ans jusqua la mort). Mercure: le jeune Ăąge (6 ans) jusqu’à 18 ans. VĂ©nus: l’ñge de la beautĂ© (18 ans) jusqu’à 30 ans. Soleil: de 33 ans Ă  40 Linconscient existe parce qu’il se manifeste : lapsus, actes manquĂ©s, rĂȘves, conduites compulsionnelles. L’inconscient existe parce qu’on ne peut pas justifier des conduites humaines Ă  partir de la seule conscience. ObĂ©it au principe de rĂ©alitĂ© : l’ensemble des interdits moraux et sociaux intĂ©riorisĂ©s. Aperçudu corrigĂ© : Peut-on prĂ©tendre Ă  une science de l'inconscient ? CorrigĂ© de 678 mots (soit 1 pages) directement accessible . Sujets connexes : l'inconscient n'est-il qu'une conscience obscurcie ? Les lacunes de la conscience justifient-elles l'existence de l'inconscient ? (ProblĂ©matique et textes) Peut-il y avoir une science de l'inconscient? La Page1 sur 7. L’inconscient est-il une excuse ? En gĂ©nĂ©ral, inconscient signifie privĂ© de conscience. Selon Freud, il y a trois instances dans l’homme, lesquelles rĂ©gissent ses comportements, Ă  la fois conscients et inconscient. On retrouve le ‘’ça‘’ la partie dite pulsionnelle. Il est animĂ© par le seul principe de plaisir Laconscience est cette facultĂ© qui fait que, lorsque nous agissons ou parlons, nous savons que nous agissons ou parlons. Nous avons une certaine connaissance de nos actes et de nos paroles. Étymologiquement en effet, le mot "conscience" en français, vient du latin conscientia composĂ© du prĂ©fixe con- (« avec ») et scientia LĂ©gendeSerpentard: Re: Vieille histoire irlandaise Kyara Blanchet, le Ven 22 Juin - 22:56, le Ven 22 Juin - 22:56 Quil perçoit aussi une rĂ©alitĂ© intĂ©rieure, subjective : celle de ses Ă©tats d'Ăąme, de ses dĂ©sirs, de ses souhaits. Conscience. La conscience est la prĂ©sence constante et immĂ©diate de soi Ă  soi. C'est la facultĂ© rĂ©flexive de l'esprit humain, c'est-Ă -dire sa capacitĂ© Ă  faire retour sur soi-mĂȘme. C'est la conscience qui permet Ă  l'homme de se prendre lui-mĂȘme comme objet de Savoir c’est savoir qu’on sait, disait Alain. Disons plutĂŽt : tout savoir est conscience de savoir. SARTRE, L’ĂȘtre et le nĂ©ant, I, 2, 1, p.88. Questions : Quelle contradiction Sarte relĂšve-t-il dans la notion d’inconscient ? Pourquoi la thĂ©orie psychanalytique n’est-elle pas acceptable d’un point de vue existentialiste ? Questions Thoughts & Brief Essays; The Science of Spiritual-Psychic Experiences; Angels and Atheists: The "Mustard Seed" Precognitive Spiritual Epiphany - Historically Unprecedented & Exceptionally Detailed L'inconscient est le psychique lui-mĂȘme et son essentielle rĂ©alitĂ©. Sa nature intime nous est aussi inconnue que la rĂ©alitĂ© du monde extĂ©rieur, et la conscience nous renseigne sur lui d'une maniĂšre aussi incomplĂšte que nos organes des sens sur le monde extĂ©rieur." Freud, L'interprĂ©tation des rĂȘves, PUF, page 52 8jujVu. L’inconscient psychique, dĂ©couverte ou invention freudienne ? La question de l’inconscient en psychologie, selon la forte parole de Lipps, est moins une question psychologique que la question de la psychologie. » Freud, L’interprĂ©tation du rĂȘve, Paris PUF, 2003, Introduction Qu’est-ce que l’esprit ? Et peut-il ĂȘtre inconscient ? Ce sont lĂ  deux questions distinctes qui pourtant ont Ă©tĂ© confondues dans la thĂšse conscientialiste, thĂšse qui identifie l’esprit Ă  la conscience et qui est trĂšs explicitement formulĂ©e chez Locke. Une idĂ©e ne peut exister dans l’esprit sans que ce dernier ne puisse en ĂȘtre conscient, car si une telle idĂ©e existait sans ĂȘtre consciente, elle serait Ă  la fois existante et non existante, ce qui est une contradiction impossible selon le principe fondamental de la logique et de l’ontologie, rien ne peut exister et ne pas exister en mĂȘme temps. Pourtant il y a les faits de l’hypnose tels que les rapporte Freud suite au stage qu’il accomplit Ă  Nancy dans l’unitĂ© du professeur Bernheim. Un ordre quelconque est donnĂ© Ă  une patiente en Ă©tat d’hypnose. Une fois Ă©veillĂ©e, elle accomplit l’ordre tout en ayant tout oubliĂ© des circonstances qui ont Ă©tĂ© concomitantes Ă  la suggestion de l’ordre, comme l’hypnotiseur, l’état d’hypnose, etc. OĂč est partie l’idĂ©e hypnotique ? Elle Ă©tait prĂ©sente de maniĂšre latente dans l’esprit, tout en Ă©tant absente de la conscience. Les idĂ©es hypnotiques montrent bien une dissociation entre l’esprit et la conscience, car on ne peut pas dire des idĂ©es hypnotiques qu’elles Ă©taient prĂ©sentes Ă  la conscience tout en Ă©tant inconscientes ! Les idĂ©es de Freud et ses concepts fondamentaux Grundbegriffe sont rentrĂ©s dans la culture gĂ©nĂ©rale commune. Tout le monde a – au moins ! – entendu parler du complexe d’ƒdipe. Ses idĂ©es semblent Ă©videntes et appuyĂ©es sur des milliers d’observation. Pourtant le rĂŽle de l’hypnose dans la genĂšse de la psychanalyse est passĂ© pudiquement sous silence. Il faut savoir que l’hypnose, depuis Mesmer, n’a pas bonne presse en France. Les idĂ©es de Freud continuent Ă  susciter de vives polĂ©miques. Dans la premiĂšre dĂ©cennie du siĂšcle qui commence on peut relever en 2002, la revue Sciences et avenir » titrait Comment comprendre les rĂȘves sans Freud ? » Ce titre remettait en question un des rĂ©sultats fondamentaux de la psychanalyse, Ă  savoir que nos rĂȘves ont un sens et qu’ils doivent ĂȘtre interprĂ©tĂ©s. Freud avait Ă©crit que l’interprĂ©tation des rĂȘves est la via regia d’accĂšs Ă  l’inconscient ». En 2005 Ă©tait publiĂ© Le livre noir de la psychanalyse, une charge des neurosciences contre la psychanalyse. En 2010, Michel Onfray publiait Le crĂ©puscule d’une idole. Que cache la remise en question de la psychanalyse et de l’idĂ©e d’inconscient qu’elle promeut ? Peut-on qualifier le freudisme de mythologie comme le firent Ă  tour de rĂŽle Wittgenstein, ou Alain au dĂ©but du XXe siĂšcle ou encore de nos jours le psychiatre François Roustang ? Mais Freud ne dit-il pas lui-mĂȘme que la thĂ©orie des pulsions est, pour ainsi dire, notre mythologie » Nouvelles confĂ©rences d’introduction Ă  la psychanalyse, Gallimard, Folio, ? Quels sont les enjeux de ce dĂ©bat ? PremiĂšre partie l’inconscient avant Freud. Contrairement aux idĂ©es reçues il y a des conceptions de l’inconscient avant Freud, mais cet inconscient est ou bien de nature corporelle chez Descartes ou bien c’est une pensĂ©e obscurcie, une simple nĂ©gation de la conscience qu’elle peut rĂ©duire en droit en y apportant ses lumiĂšres comme chez Leibniz. L’inconscient est alors la marque de notre finitude, de l’impossibilitĂ© pour notre entendement de rĂ©soudre analytiquement tout ce qui est contenu dans la Nature. Voyons d’abord la conception cartĂ©sienne de l’inconscient, puisqu’une conception philosophique française s’y rĂ©fĂšre constamment malgrĂ© les variantes. Cette conception de l’inconscient que l’on retrouve chez Descartes se prĂ©cise peu Ă  peu dans les dĂ©bats et polĂ©miques suscitĂ©s par ses MĂ©ditations mĂ©taphysiques, dans ses rĂ©ponses aux objections qui lui permettent de prĂ©ciser ce qu’il entend par la conscience. A/ Les esprits-animaux de Descartes Pour les meilleurs commentateurs de Descartes, en particulier AlquiĂ©1 et Martial GuĂ©roult2 la pensĂ©e est synonyme de conscience. Ils citent Les Principes I, 9 et L’Entretien avec Burman ainsi que l’exposĂ© gĂ©omĂ©trique qui suit les rĂ©ponses aux secondes objections Ă  l’appui de leur thĂšse. Une pensĂ©e est quelque chose en nous dont nous sommes conscients ut ejus immediate conscii sumus. La rĂ©ponse de Descartes aux QuatriĂšmes Objections d’Arnauld vient les conforter Un fƓtus dans le ventre de sa mĂšre pense et il est mĂȘme conscient de penser mais ne s’en souvient plus3 ! Les pensĂ©es des enfants sont des pensĂ©es directes et non des pensĂ©es rĂ©flĂ©chies4. Les Objections rĂ©digĂ©es par Arnauld avait soulignĂ© cette difficultĂ© Cette proposition me semble fausse que Monsieur Descartes donne pour une vĂ©ritĂ© trĂšs constante, Ă  savoir que rien ne peut ĂȘtre en lui, en tant qu’il est une chose qui pense, dont il n’ait connaissance conscius. [
] Mais qui ne voit qu’il peut y avoir plusieurs choses en l’esprit, dont l’esprit mĂȘme n’ait aucune connaissance ? Par exemple, l’esprit d’un enfant qui est dans le ventre de sa mĂšre, a bien la vertu ou la facultĂ© de penser, mais il n’en a pas connaissance conscius »5. La conscience est une propriĂ©tĂ© essentielle de la pensĂ©e sans laquelle la pensĂ©e ne peut ni ĂȘtre ni ĂȘtre pensĂ©e. L’identitĂ© de la pensĂ©e et de la conscience conduit Ă  la radicalitĂ© de la thĂšse selon laquelle les animaux ne sont pas conscients, sont de simples machines, car ils ne pensent pas ! Il s’agit de concevoir la possibilitĂ©, si l’ñme pense, de ne pas en avoir la connaissance ou de ne pas en ĂȘtre consciente, c’est-Ă -dire d’ĂȘtre incapable de se savoir pensante ou de saisir explicitement cette facultĂ© qui est en elle de penser. Descartes a rĂ©pondu Ă  Arnault nous n’avons pas de connaissance adĂ©quate de nous-mĂȘme Ă  cause de la finitude de notre entendement. Il se peut que Dieu ait mis en nous des facultĂ©s que nous ignorons absolument. Il y a donc de l’inconscient en nous Ă  cause de notre finitude, mais cet inconscient est de l’inconnu. De plus nous faisons de nombreux mouvement machinalement sans que l’esprit ou la volontĂ© les commande. Nous mouvements sont en cela semblables Ă  ceux des animaux. AlquiĂ© commente cette rĂ©ponse en suivant sa lecture, il semblerait bien que nous ayons ici affaire Ă  une sorte d’inconscient, qui prendrait la figure d’une connaissance tacite ou voilĂ©e, implicite, au moins pendant un moment, avant que sa prise en considĂ©ration la rende justement explicite. De ce point de vue, l’inconscient selon Descartes passe pour ne durer qu’un temps et n’avoir, en tant que tel, rien de permanent ou de substantiel, pour autant que la subsistance est justement l’une des caractĂ©ristiques de la substance. Ainsi, lorsque nous parlons d’inconscient, il faudrait toujours entendre par lĂ  un Ă©tat inconscient nĂ©cessairement temporaire et non un arriĂšre-fond ou un substrat permanent de la conscience, susceptible de faire l’objet d’une hypostase. Telle notre propre ombre, cette instance fugace semble ainsi sans cesse nous Ă©chapper. Est-ce Ă  dire qu’il faut renoncer Ă  parler d’inconscient selon Descartes, au moins en tant que substantif, voire en tant que qualificatif ? Ce dernier note qu’il faut remarquer que nous avons bien une actuelle connaissance des actes ou des opĂ©rations de notre esprit » AT VII, 24622-23=IX-1, 190. Cela signifie clairement que, dĂšs que nous pensons quelque chose, ce Ă  quoi nous pensons, le contenu de notre pensĂ©e notre idĂ©e considĂ©rĂ©e selon ce qu’elle reprĂ©sente ou son concept objectif est prĂ©sent Ă  notre esprit. Ce dont nous n’avons pas idĂ©e, nous ne le pensons pas. Descartes rejette la possibilitĂ© de l’inconscient comme mode de la pensĂ©e ou sorte de facultĂ© spĂ©ciale, parce que nous ne pouvons pas Ă  proprement parler nous disposer volontairement Ă  nous servir d’une facultĂ© que nous ignorons, pas plus que nous ne pouvons, lorsque nous disposons de l’une de nos facultĂ©s, l’ignorer de maniĂšre permanente, puisqu’une telle façon de penser, dĂšs qu’elle sera envisagĂ©e selon son fonctionnement effectif, devra cesser d’ĂȘtre ce qu’elle est, c’est-Ă -dire inconsciente d’abord virtuelle, puis tacite. Une facultĂ© ne peut pas ĂȘtre secrĂšte par nature. Cependant la question de l’inconscient rebondira alors sur les passions ou les passivitĂ©s de l’ñme. Cette rĂ©ponse ouvre la voie aux critiques de la transparence Ă  soi-mĂȘme de l’esprit cartĂ©sien, au premier rang desquelles se trouvent celles des RP. Malebranche, Daniel ou Lamy. Qu’est donc alors prĂ©cisĂ©ment cet inconscient cartĂ©sien ? Il ne se peut agir ni d’une chose permanente, ni d’un mode de la pensĂ©e, si l’on entend par lĂ  une facultĂ© spĂ©ciale. Par ailleurs, cet inconscient ne saurait pas non plus ĂȘtre une sorte d’idĂ©e considĂ©rĂ©e selon son contenu, mais Ă  jamais cachĂ©e, une idĂ©e Ă©tant prĂ©cisĂ©ment ce qui est immĂ©diatement prĂ©sent Ă  l’esprit. L’inconscient n’est pas non plus une idĂ©e secrĂšte, dissimulĂ©e au fond de notre Ăąme. Ce que l’on peut Ă©ventuellement ne pas penser, ou ce qui peut cependant rester un moment tacite ou implicite, c’est donc seulement le rĂŽle jouĂ© par certaines facultĂ©s dans la constitution de nos pensĂ©es actuelles, ou par certaines idĂ©es dans nos raisonnements. L’inconscient est alors envisagĂ© comme une fonction ou un processus opĂ©ratoire, comme un exemple cĂ©lĂšbre peut l’illustrer. Chacun se souvient en effet de l’anecdote relative Ă  l’amour que le jeune Descartes avait portĂ© Ă  une petite fille qui louchait, dont les vestiges avaient, pendant un moment, dĂ©terminĂ© l’affection que celui-ci accordait aux personnes prĂ©sentant des signes de strabisme. Lorsque j’étais enfant, j’aimais une fille de mon Ăąge, qui Ă©tait un peu louche ; au moyen de quoi l’impression qui se faisait par la vue en mon cerveau, quand je regardais ses yeux Ă©garĂ©s, se joignait tellement Ă  celle qui s’y faisait aussi pour Ă©mouvoir en moi la passion de l’amour, que longtemps aprĂšs en voyant des personnes louches, je me sentais plus enclin Ă  les aimer qu’à en aimer d’autres, pour cela seul qu’elles avaient ce dĂ©faut ; et je ne savais pas nĂ©anmoins que c’était pour cela6 ». On a lĂ  un exemple de ce que Freud appellera une fixation infantile du dĂ©sir. Descartes explique cette fixation de la maniĂšre suivante Les objets qui touchent nos sens meuvent par l’entremise des nerfs quelques parties de notre cerveau, et y font certains plis, qui se dĂ©font lorsque l’objet cesse d’agir ; mais la partie oĂč ils ont Ă©tĂ© faits demeure par aprĂšs disposĂ©e Ă  ĂȘtre pliĂ©e derechef en la mĂȘme façon par un autre objet qui ressemble en quelque chose au prĂ©cĂ©dent12 ». Il n’y a lĂ  rien d’autre que la rĂ©surgence mĂ©canique d’une liaison antĂ©rieure entre l’image de la petite fille et une certaine Ă©motion qui l’accompagnait ; un pli dans le cerveau et rien de plus. C’est la base de la thĂ©orie des associations d’idĂ©es qui sera dĂ©veloppĂ© plus tard par Hume. Dans cet exemple, Descartes paraĂźt bien Ă©voquer un processus opĂ©ratoire de la pensĂ©e, qui est pourtant inconscient. Or cela semble s’opposer Ă  la lettre du texte cartĂ©sien oĂč nous voyons Ă©crit Nous avons bien une actuelle connaissance des actes ou des opĂ©rations de notre esprit ». Ce qu’évoque cette derniĂšre citation a tout l’air d’ĂȘtre une rĂšgle gĂ©nĂ©rale, qui dit que nous sommes conscients de toutes ces opĂ©rations. Comment expliquer cette apparente contradiction ? C’est du cĂŽtĂ© de l’union des deux substances qu’il faut rechercher la thĂ©orie cartĂ©sienne de l’inconscient. Pour Descartes l’homme est l’union ou le composĂ© d’une Ăąme et d’un corps tous deux substantiels, mais nĂ©anmoins unis de maniĂšre insĂ©parable. Le problĂšme est similaire Ă  l’union des trois personnes dans la thĂ©ologie trinitarienne. Sa thĂ©orie des esprits-animaux vise Ă  expliquer les effets de l’union sur l’homme. On a dit que Descartes s’est inspirĂ© de Francis Bacon pour sa thĂ©orie des esprits-animaux10. Pour Descartes les esprits-animaux sont des corps trĂšs petits » qui se meuvent trĂšs vite dans tout le corps et dont la fonction est de mouvoir le corps. Pour faire comprendre la notion d’esprits-animaux, Descartes raisonne par analogie c’est comme l’eau qui anime les fontaines. La thĂ©orie des esprits-animaux explique les passions de l’ñme par passions Descartes entend les toutes les pensĂ©es qui sont excitĂ©es en l’ñme sans le concours de la volontĂ© et par consĂ©quent sans aucune action qui vienne d’elle par les seules impressions qui sont dans le cerveau11 ». Les passions de l’ñme sont des actions du corps, elles sont en nous sans nous, elles sont bien des pensĂ©es, mais des pensĂ©es qui ne doivent rien Ă  notre volontĂ©, et elles ne pourraient ĂȘtre en nous si notre corps n’existait pas. Les passions de l’ñme sont donc des pensĂ©es inconscientes. La connaissance de ces mĂ©canismes libĂšre l’ñme de cette tyrannie du corps Descartes constate Ă  propos de sa passion pour les femmes louches » Depuis que j’y ai fait rĂ©flexion et que j’ai reconnu que c’était un dĂ©faut, je n’en ai plus Ă©tĂ© Ă©mu ». En rĂ©sumĂ© L’inconscient est l’obscuritĂ© de l’idĂ©e que nous nous faisons de nous-mĂȘme, qui en fait l’imperfection et qui nous en rend la connaissance inadĂ©quate. Du point de vue de ce que nous sommes au prĂ©sent, c’est-Ă -dire actuellement pensants, cet inconscient cependant n’est rien de pensĂ© ce n’est pas un ens notum. Du point de vue de ce que nous pourrions raconter de nous-mĂȘme ou de ce que nous pensons de nous-mĂȘme sur le mode du souvenir, il est pourtant bien quelque chose une privation d’une connaissance qui pourrait ĂȘtre en nous. Dans l’ordre des connaissances immĂ©diates considĂ©rĂ©es actuellement notitiĂŠ, donc, l’inconscient semble ĂȘtre comme une nĂ©gation. La question est de savoir si cet inconscient est pourtant bien prĂ©sent en moi au moment oĂč je le crois opĂ©rant. D’une part, cet inconscient est censĂ© ĂȘtre de l’ordre du pensable sans y ĂȘtre jamais pensĂ©, puisqu’il est comme la nĂ©gation d’une pensĂ©e. D’autre part, il est toujours envisagĂ© par rĂ©flexion ou dĂ©couvert aprĂšs coup, quand il n’est plus effectivement. Apparemment, l’inconscient n’est pas formellement en moi quand il opĂšre, puisque je n’y pense pas. L’inconscient est de l’ordre de la causalitĂ© chez Descartes. L’étant se dit de deux maniĂšres chez Descartes d’une part dans l’ordre du connu, d’autre part dans l’ordre du causĂ©. Dans le premier de ces deux ordres, il n’y a, en droit, pas de place pour l’inconscient, car il est alors d’une nĂ©gation de la pensĂ©e. Cela n’implique pas qu’il doive ĂȘtre Ă©cartĂ© du second. La preuve de la prĂ©sence de quelque chose d’inconscient dans notre pensĂ©e est ce rĂŽle pour ainsi dire causal que nous pouvons lui attribuer dans l’étude de nos pensĂ©es ou de notre cogitation oĂč l’attention que nous n’y prĂȘtions pas n’était qu’une privation. La difficultĂ© consiste cependant en ce qu’il s’agit lĂ  d’introduire quelque chose de l’ordre des causes dans l’ordre que l’on considĂšre habituellement ĂȘtre celui de la connaissance immĂ©diate. Mais, si j’ai une connaissance immĂ©diate en moi de pensĂ©es ou de raisonnements dont je ne peux pas rendre compte par autre chose c’est-Ă -dire par une autre cause que cet inconscient considĂ©rĂ© comme processus intellectuel implicite, et si, par ailleurs, une fois qu’il se dĂ©voile, c’est-Ă -dire une fois que je le prends en considĂ©ration, ce processus m’apparaĂźt de maniĂšre explicite comme ce qui a pour ainsi dire dĂ» causer ma pensĂ©e, alors j’ai la preuve qu’il peut y avoir un inconscient qui opĂšre en moi. Mais comment ĂȘtre sĂ»r que ce qui est dĂ©terminĂ© comme le ressort inconscient d’une pensĂ©e passĂ©e est bien cela mĂȘme qui l’aura causĂ©e ? Et comment lever la difficultĂ© qui consiste Ă  dĂ©terminer si la chose pensante dans l’ordre de la prise de conscience de l’esprit par lui-mĂȘme est bien la mĂȘme chose que la pensĂ©e de cet esprit dans l’ordre de la causalitĂ© des choses créées ? Ces deux difficultĂ©s sont liĂ©es. Ce qui se joue dans la dĂ©couverte aprĂšs coup d’un ressort pouvant tenir le rĂŽle d’une cause de la pensĂ©e que j’ai eue jadis est l’appropriation de ce ressort causal. Et, s’il est possible d’en dĂ©cider, je suis le seul hormis Dieu Ă  pouvoir le faire, puisque cela se joue parmi les choses qui me sont immĂ©diatement connues, c’est-Ă -dire mes propres pensĂ©es. Si je peux me dire, d’une part, que je suis le mĂȘme que celui que j’ai Ă©tĂ© autrefois et, d’autre part, que ma croyance en telle chose doit avoir Ă©tĂ© impliquĂ©e par celle de telle autre chose que je savais ou croyais et qui doit l’engendrer comme une cause, alors il n’y a aucune raison pour que je refuse d’assumer certaines pensĂ©es implicites qui auront soutenu mes rĂ©flexions explicites. Si je sais que pour penser il faut ĂȘtre, pourquoi alors me refuserais-je une pensĂ©e implicite du genre Tout ce qui pense est », quand bien mĂȘme je me souviendrais que je n’avais pas eu besoin d’y penser explicitement au moment oĂč, pour la premiĂšre fois, j’ai pensĂ© que j’existais ? B/ La critique du Cogito cartĂ©sien par Nicolas Malebranche Descartes fait de la pensĂ©e le fondement de l’ĂȘtre c’est ce qu’on appelle Ă  juste titre l’idĂ©alisme cartĂ©sien. Cogito, ergo sum » nous dit Le Discours de la mĂ©thode. Descartes fait remarquer que c’est la mineure d’un syllogisme. Pour Malebranche la majeure est Le nĂ©ant n’a point de propriĂ©tĂ©13 » Il faut que mes pensĂ©es soient propriĂ©tĂ© de quelque chose puisqu’elles ne sont pas rien. Ma pensĂ©e, quelle soit vraie ou fausse n’est pas rien. Pas besoin de passer par le doute pour savoir que j’existe. Il suffit de penser. Ma pensĂ©e me fait connaĂźtre que j’existe, mais ne me fait pas connaĂźtre qui je suis. Mon essence ou ma quidditĂ© Ă©chappe Ă  ma pensĂ©e. Dans sa polĂ©mique avec Arnauld, il prĂ©cise que nous ne pouvons pas nous saisir nous-mĂȘmes. Le fond de l’ñme est obscur. Il rejette la thĂšse cartĂ©sienne que l’esprit est plus aisĂ© Ă  connaĂźtre que le corps. Les idĂ©es ne sont pas des modifications de l’ñme chez Malebranche elles n’ont pas de rĂ©alitĂ© formelle. En revanche elles ont une rĂ©alitĂ© objective puisque ce sont des reprĂ©sentations, mais en tant que reprĂ©sentations elles enveloppent de la nĂ©gation. Ma main renferme une infinitĂ© de nĂ©ants ». Par consĂ©quent l’idĂ©e ne peut exister par soi. Elle renvoie Ă  un fond d’ĂȘtre intelligible Dieu. Il est saisi directement dans sa prĂ©sence ineffable. LĂ  encore Malebranche rejette l’idĂ©e cartĂ©sienne de l’idĂ©e de parfait en nous. Il n’y a pas d’idĂ©e de Dieu Dieu est au-delĂ  de toute reprĂ©sentation. C/ Les petites perceptions de Leibnitz texte D’ailleurs il y a des marques qui nous font juger qu’il y a Ă  tout moment une infinitĂ© de perceptions en nous, mais sans aperception et rĂ©flexion, c’est-Ă -dire des changements dans l’ñme mĂȘme dont nous ne nous apercevons pas, parce que ces impressions sont ou trop petites et en trop grand nombre, ou trop unies, en sorte qu’elles n’ont rien d’assez distinguant Ă  part, mais, jointes Ă  d’autres, elles ne laissent pas de faire leur effet et de se faire sentir au moins confusĂ©ment dans l’assemblage. C’est ainsi que la coutume fait que nous ne prenons pas garde au mouvement d’un moulin ou Ă  une chute d’eau, quand nous avons habitĂ© tout auprĂšs depuis quelque temps. Ce n’est pas que ce mouvement ne frappe toujours nos organes, et qu’il ne se passe encore quelque chose dans l’ñme qui y rĂ©ponde, Ă  cause de l’harmonie de l’ñme et du corps; mais les impressions qui sont dans l’ñme et le corps, destituĂ©es des attraits de la nouveautĂ©, ne sont pas assez fortes pour s’attirer notre attention et notre mĂ©moire, qui ne s’attache qu’à des objets plus occupants14. Toute attention demande de la mĂ©moire, et quand nous ne sommes point avertis pour ainsi dire de prendre garde Ă  quelques unes de nos perceptions prĂ©sentes, nous les laissons passer sans rĂ©flexion et mĂȘme sans les remarquer. Mais si quelqu’un nous en avertit 
 et nous fait remarquer par exemple quelque bruit qu’on vient d’entendre, nous nous en souvenons et nous nous apercevons d’en avoir eu tantĂŽt quelque sentiment. Ainsi, c’étaient des perceptions dont nous ne nous Ă©tions pas aperçus incontinent15, l’aperception ne venant dans ce cas d’avertissement qu’aprĂšs quelque intervalle, pour petit qu’il soit. Et pour juger encore mieux des petites perceptions que nous ne saurions distinguer dans la foule, j’ai coutume de me servir de l’exemple du 
 bruit de la mer dont on est frappĂ© quand on est au rivage. Pour entendre ce bruit comme l’on fait, il faut bien qu’on entende les parties qui composent ce tout, id est, le bruit de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse connaĂźtre que dans l’assemblage confus de tous les autres ensemble, et qu’il ne se remarquerait pas si cette vague qui le faisait Ă©tait seule. Car il faut qu’on soit affectĂ© un peu par le mouvement de cette vague et qu’on ait quelque perception de chacun de ces bruits, quelque petits qu’ils soient; autrement on n’aurait pas celle de cent mille vagues, puisque cent mille riens ne sauraient faire quelque chose. 
 Ces petites perceptions sont donc de plus grande efficace qu’on ne pense. Ce sont elles qui forment ce je ne sais quoi, ces goĂ»ts, ces images des qualitĂ©s des sens, claires dans l’assemblage, mais confuses dans les parties, ces impressions que les corps environnants font sur nous
 » Leibniz, Nouveaux Essais sur l’entendement humain, PrĂ©face, GF, Commentaire ce texte de Leibnitz vise indirectement Descartes. En fait, il critique la critique lockĂ©enne des idĂ©es innĂ©es, critique que Locke mĂšne dans le livre I de l’Essai concernant l’entendement humain. C’est Locke qui nie la possibilitĂ© qu’il puisse exister quelque chose dans l’esprit sans que cet esprit en soi conscient. De sorte que soutenir, qu’une chose est dans l’Entendement, & qu’elle n’est pas conçue par l’Entendement, qu’elle est dans l’Esprit sans que l’Esprit l’aperçoive, c’est autant que si l’on disait, qu’une chose est & n’est pas dans l’Esprit ou dans l’Entendement. » Locke identifie donc l’ñme ou l’esprit avec la conscience. Toutes les critiques que l’on porte contre Descartes concernant l’inconscient sont donc injustifiĂ©es. La thĂ©orie des petites perceptions de Leibnitz sera reprise par Maine de Biran pour expliquer le sommeil et le somnambulisme. Le sommeil est la suspension de l’effort et des facultĂ©s volontaires » qui permet de laisser Ă  l’Ɠuvre la facultĂ© de sentir ou de recevoir des impressions et d’en ĂȘtre affectĂ© ». Il distingue les impressions obscures qui n’accĂšdent jamais Ă  la reprĂ©sentation proprement dite des perceptions complĂštes qui exigent l’activitĂ© du moi pour ĂȘtre reprĂ©sentĂ©es. Il suggĂšre que dans l’état somnambulique, les impressions obscures, une multitude d’impressions nulles ou sans effet dans l’état ordinaire, devenues sensibles alors, pourraient servir de signes ou de moyens de communication du magnĂ©tiseur au magnĂ©tisĂ© ». C/ Les reprĂ©sentations inconscientes de Kant texte Avoir des reprĂ©sentations et cependant n’en ĂȘtre pas conscient, cela semble contenir une contradiction. Car comment pouvons-nous savoir que nous les avons si nous n’en sommes pas conscients ? Cette objection, Locke la faisait dĂ©jĂ  qui, pour cette raison, rĂ©cusait l’existence mĂȘme d’une telle sorte de reprĂ©sentations. Simplement, nous pouvons pourtant possĂ©der une conscience mĂ©diate d’une reprĂ©sentation, sans que nous en soyons immĂ©diatement conscients. De semblables reprĂ©sentations sont appelĂ©es obscures ; les autres sont claires, et si leur clartĂ© s’étend aussi aux reprĂ©sentations partielles d’un tout auquel elles appartiennent et Ă  la maniĂšre dont elles s’y associent, il s’agit de reprĂ©sentations distinctes, qu’elles relĂšvent de la pensĂ©e ou de l’intuition. Quand je suis conscient de voir un homme loin de moi dans une prairie, bien que je ne sois pas conscient de voir ses yeux, son nez, sa bouche, etc., je me borne Ă  vrai dire Ă  conclure que cette chose est un homme ; car si, parce que je ne suis pas conscient de percevoir ces parties de sa tĂȘte et pas davantage les autres Ă©lĂ©ments constitutifs de cet homme, j’entendais affirmer que je n’ai aucunement, dans mon intuition, la reprĂ©sentation de ces composantes, dans ce cas je ne pourrais mĂȘme pas dire que je vois un homme ; c’est en effet de ces reprĂ©sentations partielles que se trouve composĂ© le tout qu’il s’agisse de la tĂȘte ou de l’homme. Que le champ de nos intuitions sensibles et de nos sensations dont nous ne sommes pas conscients, quand bien mĂȘme nous pouvons conclure sans le moindre doute que nous les avons, autrement dit le champ des reprĂ©sentations obscures, soit immense en l’homme et qu’il le soit aussi chez les animaux ; qu’en revanche les reprĂ©sentations claires ne contiennent que des points infiniment peu nombreux accessibles Ă  la conscience ; qu’en quelque sorte, sur la grande carte de notre esprit, seules quelques rĂ©gions soient illuminĂ©es [
]. II nous arrive souvent, en effet, de jouer avec des reprĂ©sentations obscures et d’avoir intĂ©rĂȘt Ă  dissimuler Ă  notre imagination des objets que nous aimons ou que nous n’aimons pas ; mais plus souvent encore nous sommes le jouet de nos reprĂ©sentations obscures, et notre entendement n’est pas capable de se prĂ©server des absurditĂ©s dans lesquelles le conduit leur influence, quand bien mĂȘme il les reconnaĂźt comme relevant de l’illusion. Ainsi en est-il de l’amour sexuel, dans la mesure oĂč ce qu’il vise vĂ©ritablement, c’est non pas de faire le bien de son objet, mais bien plutĂŽt d’en tirer jouissance. Combien de subterfuges n’a-t-il pas fallu, depuis toujours, avoir l’esprit d’inventer et de dĂ©ployer pour jeter un mince voile sur ce que, certes, l’on goĂ»te fort, mais qui laisse cependant apercevoir entre l’homme et le genre animal dans ce qu’il a de plus commun une proximitĂ© si grande qu’elle appelle en ce domaine la pudeur et que ce qu’on exprime Ă  cet Ă©gard ne peut, dans une sociĂ©tĂ© raffinĂ©e, s’affirmer crĂ»ment, mĂȘme si l’on s’accorde assez de transparence pour susciter un sourire. L’imagination se plaĂźt ici Ă  vagabonder dans l’obscuritĂ©, et en tout cas il y faut un art peu commun si, pour Ă©viter le cynisme, l’on ne veut pas courir le risque de tomber dans le purisme ridicule. D’autre part, nous sommes aussi, assez souvent, le jouet de reprĂ©sentations obscures qui ne veulent pas disparaĂźtre, mĂȘme quand l’entendement les Ă©claire. Commander sa tombe dans son jardin ou Ă  l’ombre d’un arbre, dans les champs ou dans un endroit oĂč le sol est sec, c’est souvent une affaire importante pour un mourant, alors mĂȘme que, dans le premier cas, il n’a nulle raison d’espĂ©rer disposer d’une belle vue, pas plus qu’il n’en a, dans le second, de redouter que l’humiditĂ© le fasse s’enrhumer16. » Leibnitz et Kant ont donc prĂ©parĂ© la pensĂ©e allemande Ă  l’existence d’un psychisme inconscient, Ă  la diffĂ©rence de la pensĂ©e française pour qui l’inconscient relĂšve de la mĂ©canique corporelle et non de l’esprit. On retrouvera l’affirmation de l’existence d’un inconscient psychique chez Schopenhauer. D/ Schopenhauer et l’inconscient. La pensĂ©e de Schopenhauer est un systĂšme de mĂ©taphysique. Le monde est dirigĂ© par la VolontĂ© du vouloir vivre, force aveugle qui anime toutes choses. Cette volontĂ©, il l’identifie Ă  la chose en soi kantienne. La volontĂ©, comme chose en soi, constitue l’essence intime, vraie et indestructible de l’homme ; mais en elle-mĂȘme elle est sans conscience. Car la conscience est dĂ©terminĂ©e par l’intellect qui n’est qu’un simple accident de notre essence l’intellect est en effet une simple fonction du cerveau, et celui-ci avec les nerfs ambiants et la moelle Ă©piniĂšre n’est qu’un fruit, qu’un produit, je dirai mĂȘme un parasite du reste de l’organisme, puisqu’il ne s’engrĂšne pas directement dans les rouages intimes de cet organisme et ne sert Ă  la conservation du moi que parce qu’il est rĂšgle les rapports avec le monde extĂ©rieur17. » Le rĂŽle que Schopenhauer dĂ©volue Ă  l’intellect, Freud le dĂ©volue Ă  la conscience. L’inconscient freudien semble ĂȘtre la mĂȘme chose que la VolontĂ© de Schopenhauer et par consĂ©quent que la chose en soi de Kant. Freud reconnaĂźt d’ailleurs en Schopenhauer un devancier d’éminents philosophes peuvent ĂȘtre citĂ©s pour ses devanciers de la psychanalyse, avant tout autre le grand penseur Schopenhauer, dont la volontĂ© inconsciente Ă©quivaut aux instincts psychiques de la psychanalyse. C’est ce mĂȘme penseur, d’ailleurs, qui, en des paroles d’une inoubliable vigueur, a rappelĂ© aux hommes l’importance toujours sous-estimĂ©e de leurs aspirations sexuelles18. » DeuxiĂšme partie Les bases de la thĂ©orie freudienne Introduction La rĂ©volution freudienne. Pour comprendre en quoi les travaux de Freud constituent une rĂ©volution dans la comprĂ©hension de l’homme, il faut reconstituer le contexte de ses dĂ©couvertes, en faisant briĂšvement une histoire de la notion de maladie mentale. Chez les peuples primitifs, la maladie en gĂ©nĂ©ral est pensĂ©e comme possession du corps par un agent extĂ©rieur, un esprit impur. Pour guĂ©rir, il faut exorciser l’esprit impur, c’est-Ă -dire le faire quitter le corps par une cĂ©rĂ©monie religieuse. La maladie est pensĂ©e comme punition d’une faute commise par le malade c’est conception de la maladie prĂ©vaut encore de nos jours chez certains groupes religieux Ă  propos du SIDA. A cette conception religieuse de la maladie, s’oppose la conception hippocratique. Hippocrate vĂ©cut en GrĂšce au Ve siĂšcle avant A propos de l’épilepsie, il Ă©crivit elle n’est ni divine, ni sacrĂ©e ; elle a une cause naturelle comme les autres maladies. » Les philosophes grecs inventĂšrent l’idĂ©e de nature comme cause de ce qui existe. Est naturel ce qui porte en soi l’idĂ©e de changement ou de mouvement. Naturel s’oppose Ă  artificiel, ce qui est créé par l’homme. En grec, phusis contre technĂ©. Chez Hippocrate, ce sont les dĂ©rĂšglements des humeurs qui expliquent la maladie. La santĂ© est donc un Ă©quilibre qu’il faut maintenir par un rĂ©gime alimentaire appropriĂ© et des exercices physiques. Au XVIIIe siĂšcle en Europe, Ă  cause de la dĂ©couverte du microscope, la conception hippocratique des maladies se trouve fortifiĂ©e elles sont causĂ©es par des agents infectieux invisibles Ă  l’Ɠil nu. Au dĂ©part, c’était une simple hypothĂšse qui fut dĂ©finitivement prouvĂ©e par les travaux de Pasteur, au milieu du XIXe siĂšcle. Mais cette conception n’explique pas les troubles mentaux, comme les dĂ©lires, les manies, qui sont considĂ©rĂ©s comme des troubles de la raison, donc comme des troubles moraux. Cette conception de la maladie mentale n’a pas disparu, mĂȘme avec la rĂ©volution freudienne. En effet les freudiens considĂšrent la maladie mentale comme une faillite du surmoi. Ce dernier n’a pu se mettre en place faute de l’impossibilitĂ© de liquider le complexe d’ƒdipe. Cependant ce que Freud apporte Ă  l’anthropologie, c’est une nouvelle conception de l’homme qui destitue le moi de sa prĂ©tention Ă  gouverner l’esprit humain. La thĂšse de Freud concernant l’inconscient est radicale L’inconscient est le psychique lui-mĂȘme et son essentielle rĂ©alitĂ©. Sa nature intime nous est aussi inconnue que la rĂ©alitĂ© du monde extĂ©rieur, et la conscience nous renseigne sur lui d’une maniĂšre aussi incomplĂšte que nos organes des sens sur le monde extĂ©rieur. » L’interprĂ©tation des rĂȘves Freud n’identifie plus le psychisme avec la conscience. La conscience devient un Ă©piphĂ©nomĂšne. Nietzsche avant Freud nous avait prĂ©parĂ© Ă  cette dĂ©valorisation de la conscience. A/ L’hypothĂšse de l’inconscient est nĂ©cessaire. Pour Freud, l’hypothĂšse de l’inconscient est lĂ©gitime et nĂ©cessaire. Il montre d’abord la nĂ©cessitĂ© de ce concept qui sert Ă  expliquer les lacunes de notre conscience. Celles-ci se manifestent Ă  la fois chez le bien portant et chez le malade. Chez le malade, cela produit des symptĂŽmes nĂ©vrotiques tels que les troubles obsessionnels compulsifs TOC en abrĂ©gĂ©. Il faut bien expliquer l’origine de ces troubles sans recourir Ă  la croyance en la possession dĂ©moniaque comme au XVIIe siĂšcle. La dĂ©marche freudienne se veut scientifique. Freud est un mĂ©decin positiviste. Mais pour Freud, ce n’est pas seulement l’existence des maladies nerveuses qui rendent nĂ©cessaire l’hypothĂšse de l’inconscient, c’est aussi l’activitĂ© pensante de l’homme normal qui ignore d’oĂč lui viennent ses idĂ©es. Chez le bien portant, l’origine des idĂ©es est aussi inconsciente. B/ L’hypothĂšse de l’inconscient est lĂ©gitime. La nĂ©cessitĂ© de l’hypothĂšse fonde sa lĂ©gitimitĂ©. Pour Freud, l’hypothĂšse se justifie dans le gain de sens pour des phĂ©nomĂšnes qui autrement seraient incomprĂ©hensibles. Ou incohĂ©rents, l’incohĂ©rence Ă©tant la caractĂ©ristique d’une conduite illogique qui n’obĂ©it pas au principe de non-contradiction. Freud justifie aussi la lĂ©gitimitĂ© de l’hypothĂšse par le succĂšs thĂ©rapeutique. Or c’est lĂ  une grossiĂšre erreur mĂ©thodologique, car la rĂ©ussite ne peut fonder la vĂ©ritĂ© d’une hypothĂšse scientifique, comme le montre le cas du systĂšme de PtolĂ©mĂ©e en astronomie. Freud adhĂšre sans critique Ă  la conception pragmatique de la vĂ©ritĂ© dĂ©fendue par W. James. C/ AbrĂ©gĂ© de thĂ©orie freudienne. Freud a proposĂ© deux descriptions de l’appareil psychique. Ces descriptions sont appelĂ©es des topiques, du grec topos, qui signifie lieu. Dans L’AbrĂ©gĂ©, il dĂ©crit les diffĂ©rentes instances qui constituent la seconde topique – le Ça Nous donnons Ă  la plus ancienne de ces provinces ou instances psychiques le nom de ça ; son contenu comprend tout ce que l’ĂȘtre apporte en naissant, tout ce qui a Ă©tĂ© constitutionnellement dĂ©terminĂ©, donc avant tout les pulsions Ă©manĂ©es de l’organisation somatique et qui trouvent dans le ça, sous des formes qui nous restent inconnues, un premier mode d’expression psychique19. Sous l’influence du monde extĂ©rieur rĂ©el qui nous environne, une fraction du ça subit une Ă©volution particuliĂšre. Se diffĂ©renciant Ă  l’origine comme une couche corticale pourvue d’organes rĂ©cepteurs d’excitations et de dispositifs pare- excitations20, une organisation spĂ©ciale s’établit qui, des lors, va servir d’intermĂ©diaire entre le ça et l’extĂ©rieur. C’est Ă  ce secteur de notre psychisme que nous donnons le nom de moi. CaractĂšres principaux du moi. – Par suite des relations prĂ©-Ă©tablies entre la perception sensorielle et l’action musculaire, le moi dispose du contrĂŽle des mouvements volontaires. Il assure l’auto-affirmation et, pour ce qui concerne l’extĂ©rieur, remplit sa tĂąche en apprenant Ă  connaitre les excitations, en accumulant dans la mĂ©moire les expĂ©riences qu’elles lui fournissent, en Ă©vitant les excitations trop fortes par la fuite, en s’accommodant des excitations modĂ©rĂ©es par l’adaptation, enfin en arrivant Ă  modifier, de façon appropriĂ©e et a son avantage, le monde extĂ©rieur activitĂ©. Au-dedans, il mĂšne une action contre le ça en acquĂ©rant la maĂźtrise des exigences pulsionnelles et en dĂ©cidant si celles-ci peuvent ĂȘtre satisfaites ou s’il convient de diffĂ©rer leur satisfaction jusqu’à un moment plus favorable ou encore s’il faut les Ă©touffer tout Ă  fait. Dans son activitĂ© le moi est guidĂ© par la prise en considĂ©ration des tensions provoquĂ©es par les excitations du dedans ou du dehors. Un accroissement de tension provoque gĂ©nĂ©ralement du dĂ©plaisir, sa diminution engendre du plaisir. Toutefois le dĂ©plaisir ou le plaisir ne dĂ©pendent probablement pas du degrĂ© absolu des tensions mais plutĂŽt du rythme des variations de ces derniĂšres. Le moi tend vers le plaisir et cherche Ă  Ă©viter le dĂ©plaisir. A toute augmentation attendue, prĂ©vue, de dĂ©plaisir rĂ©pond un signal d’angoisse et ce qui dĂ©clenche ce signal, du dehors ou du dedans, s’appelle danger. De temps en temps, le moi, brisant les liens qui 1’unissent au monde extĂ©rieur, se retire dans le sommeil ou il modifie profondĂ©ment son organisation. L’état de sommeil permet de constater que ce mode d’organisation consiste en une certaine rĂ©partition particuliĂšre de l’énergie psychique. Comme par une sorte de prĂ©cipitĂ© de la longue pĂ©riode d’enfance qu’il traverse et pendant laquelle il dĂ©pend de ses parents, l’individu en cours d’évolution voit se former dans son moi une instance particuliĂšre par laquelle se prolonge l’influence parentale. Cette instance, c’est le surmoi. Dans la mesure oĂč le surmoi se dĂ©tache du moi ou s’oppose a lui, il constitue une troisiĂšme puissance dont le moi est obligĂ© de tenir compte. Est considĂ©rĂ© comme correct tout comportement du moi qui satisfait Ă  la fois les exigences du ça, du surmoi et de la rĂ©alitĂ©, ce qui se produit quand le moi rĂ©ussit Ă  concilier ces diverses exigences. Toujours et partout, les particularitĂ©s des relations entre moi et surmoi deviennent comprĂ©hensibles si on les ramĂšne aux relations de l’enfant avec ses parents. Ce n’est Ă©videmment pas la seule personnalitĂ© des parents qui agit sur l’enfant, mais transmises par eux, l’influence des traditions familiales, raciales et nationales, ainsi que les exigences du milieu social immĂ©diat qu’ils reprĂ©sentent. Le surmoi d’un sujet, au cours de son Ă©volution, se modĂšle aussi sur les successeurs et sur les substituts des parents, par exemple sur certains Ă©ducateurs, certains personnages qui reprĂ©sentent au sein de la sociĂ©tĂ© des idĂ©aux respectĂ©s. On voit qu’en dĂ©pit de leur diffĂ©rence fonciĂšre, le ça et le surmoi ont un point commun, tous deux, en effet, reprĂ©sentant le rĂŽle du passĂ©, le ça, celui de l’hĂ©rĂ©ditĂ©, le surmoi, celui de la tradition, tandis que le moi, lui, est surtout dĂ©terminĂ© par ce qu’il a lui-mĂȘme vĂ©cu, c’est-a-dire par l’accidentel et l’actuel. Ce schĂ©ma gĂ©nĂ©ral d’un appareil psychique est valable aussi pour les animaux supĂ©rieurs qui ont avec l’homme une ressemblance psychique. Il convient d’admettre l’existence d’un surmoi partout ou, comme chez l’homme, l’ĂȘtre a dĂ» subir, dans son enfance, une assez longue dĂ©pendance. La distinction du moi d’avec le ça est un fait indĂ©niable. La psychologie animale ne s’est point encore appliquĂ©e Ă  l’intĂ©ressante Ă©tude qui lui reste ici offerte. » TroisiĂšme partie examen critique des critiques des thĂšses freudiennes. A/ Alain le freudisme est une nouvelle mythologie. C’est ainsi qu’Alain – de son vrai nom, Émile Chartier – philosophe cartĂ©sien, qualifie les dĂ©couvertes freudiennes. Selon lui, le freudisme serait l’art d’inventer en chaque homme un animal redoutable, Ă  partir de signes tout Ă  fait ordinaires; tels que les rĂȘves Cf. note sur l’inconscient », in ÉlĂ©ments de philosophie, Éditions Gallimard, collection folio essais Alain veut bien Ă  la rigueur parler d’inconscient, mais Ă  condition qu’on applique le terme au corps. L’inconscient dĂ©signerait alors la mĂ©canique corporelle dont le fonctionnement nous est cachĂ©. Il est clair que le mĂ©canisme Ă©chappe Ă  la conscience et lui fournit des rĂ©sultats par exemple j’ai peur sans aucune notion des causes [
] L’inconscient est un effet de contraste dans la conscience » ibidem Alain compare le corps vivant Ă  une machine cette comparaison du corps vivant Ă  une machine est ancienne, puisqu’elle remonte Ă  Aristote. Dans les temps modernes, elle a Ă©tĂ© reprise par Descartes. C’est un raisonnement par analogie. Le mot mĂ©canisme renvoie Ă  la thĂ©orie cartĂ©sienne des corps le corps est un morceau de l’étendue et il est soumis aux lois gĂ©nĂ©rales du mouvement. Le corps est soumis au dĂ©terminisme de la nature et on peut tout expliquer par le principe de causalitĂ©. La nature humaine, comme union de l’ñme et du corps est inconsciente, mais l’essence de l’esprit, c’est la conscience. Un psychisme inconscient est une contradiction dans les termes, mĂȘme si dans les faits une partie de notre conduite nous Ă©chappe. Ce qui est premier, c’est la conscience et l’inconscient n’est que la nĂ©gation de la conscience, en toute rigueur, l’inconscient c’est l’inconscience. En droit la conscience peut connaĂźtre tout ce qui se passe en elle. Si un individu est anxieux et qu’il ignore la cause de son anxiĂ©tĂ©, alors il va inventer une sorte de monstre mythologique qui le possĂšde. Pour Alain, mythologiser l’inconscient est une faute morale. Le mot faute vient du verbe faillir et signifie chute. C’est une faute contre la raison et sa prĂ©tention Ă  vouloir maĂźtriser l’existence humaine. Alain, Ă©tant rationaliste, pense que la raison a ce pouvoir. Pour Alain, mĂȘme nos rĂȘves sont des expressions de la mĂ©canique corporelle ils n’ont pas plus de sens que le bruissement des feuilles d’un arbre par le vent. Il refuse l’interprĂ©tation des rĂȘves, les clĂ©s des songes et leur symbolisme facile. Il refuse l’interprĂ©tation sexuelle des rĂȘves dĂ©fendue par Freud. Freud est accusĂ© de pansexualisme, notamment par Jung, car pour lui l’unique force qui est Ă  l’Ɠuvre dans l’inconscient est la libido ou pulsion sexuelle. Laisser libre cours Ă  son inconscient, c’est se livrer Ă  une idolĂątrie du corps, c’est considĂ©rer son corps comme une divinitĂ©. Le vocabulaire d’Alain n’est pas seulement moral, mais il est aussi religieux, car l’idolĂątrie n’est plus seulement une faute, mais aussi un pĂ©chĂ©. B/ La mauvaise foi sartrienne Pour Sartre la thĂšse de Freud est incohĂ©rente L’interprĂ©tation psychanalytique conçoit le phĂ©nomĂšne conscient comme la rĂ©alisation symbolique d’un dĂ©sir refoulĂ© par la censure. Notons que pour la conscience ce dĂ©sir n’est pas impliquĂ© dans sa rĂ©alisation symbolique. Pour autant qu’il existe par et dans notre conscience il est uniquement ce pour quoi il se donne Ă©motion, dĂ©sir de sommeil, vol, phobie du laurier, etc. S’il en Ă©tait autrement et si nous avions quelque conscience mĂȘme implicite de notre vĂ©ritable dĂ©sir, nous serions de mauvaise foi et le psychanalyste ne l’entend pas ainsi. Il en rĂ©sulte que la signification de notre comportement conscient est entiĂšrement extĂ©rieure Ă  ce comportement lui-mĂȘme, ou, si l’on prĂ©fĂšre, le signifiĂ© est entiĂšrement coupĂ© du signifiant. Ce comportement du sujet est en lui-mĂȘme ce qu’il est si nous appelons en lui-mĂȘme », ce qu’il est pour soi mais il est possible de le dĂ©chiffrer par des techniques appropriĂ©es, comme on dĂ©chiffre un langage dĂ©crit. En un mot le fait conscient est par rapport au signifiĂ© comme une chose, effet d’un certain Ă©vĂ©nement, est par rapport Ă  cet Ă©vĂ©nement par exemple comme les vestiges d’un feu allumĂ© dans la montagne sont par rapport aux ĂȘtres humains qui ont allumĂ© ce feu. Les prĂ©sences humaines ne sont pas contenues dans les cendres qui demeurent. Elles y sont liĂ©es par un rapport de causalitĂ© le rapport est externe, les vestiges du foyer sont passifs par rapport Ă  cette relation causale comme tout effet par rapport Ă  sa cause. Une conscience qui n’aurait pas acquis les connaissances techniques nĂ©cessaires ne pourrait pas saisir ces vestiges comme signes. En mĂȘme temps ces vestiges sont ce qu’ils sont, c’est-Ă -dire qu’ils existent en soi en dehors de toute interprĂ©tation signifiante ils sont des morceaux de bois Ă  demi calcinĂ©s, voilĂ  tout. Pouvons-nous admettre qu’un fait de conscience puisse ĂȘtre comme une chose par rapport Ă  sa signification, c’est-Ă -dire la recevoir du dehors comme une qualitĂ© extĂ©rieure – comme c’est une qualitĂ© extĂ©rieure pour le bois brĂ»lĂ© d’avoir Ă©tĂ© brĂ»lĂ© par des hommes qui voulaient se rĂ©chauffer ? Il semble que d’abord le premier rĂ©sultat d’une semblable interprĂ©tation est de constituer la conscience en chose par rapport au signifiĂ©, c’est admettre que la conscience se constitue en signification sans ĂȘtre consciente de la signification qu’elle constitue. Il y a lĂ  une contradiction flagrante, Ă  moins que l’on ne considĂšre la conscience comme un existant du mĂȘme type qu’une pierre ou qu’une bĂąche. Mais dans ce cas il faut entiĂšrement renoncer au cogito cartĂ©sien et faire de la conscience un phĂ©nomĂšne secondaire et passif. Pour autant que la conscience se fait, elle n’est jamais rien que ce qu’elle s’apparaĂźt. Si donc elle possĂšde une signification, elle doit la contenir en elle comme structure de conscience. Cela ne veut point dire que cette signification doive ĂȘtre parfaitement explicite. Il y a bien des degrĂ©s possibles de condensation et de clartĂ©. Cela veut dire seulement que nous ne devons pas interroger la conscience du dehors, comme on interroge les vestiges du foyer ou le campement, mais du dedans, qu’on doit chercher en elle la signification. La conscience, si le cogito doit ĂȘtre possible, est elle-mĂȘme, le fait, la signification et le signifiĂ©21. » Sartre rejette l’inconscient freudien au nom de sa thĂ©orie de la libertĂ©. L’homme est pour soi » et non en soi ». Il est l’ĂȘtre par qui les choses sont ce qu’elles sont et rien de plus ; alors que lui, Ă©tant pour soi, n’est rien, n’est rien d’autre que la nĂ©gation de cet en soi. L’homme est donc libertĂ© absolue, inconditionnĂ©e de par son pouvoir de nĂ©gation. Il ne saurait trouver aucune excuse. L’homme qui se rĂ©fugie derriĂšre l’excuse de ses passions est de mauvaise foi ». Sartre remplace donc l’inconscient freudien par la mauvaise foi. Qu’est-ce que c’est ? Laissons le s’expliquer la censure, pour appliquer son activitĂ© avec discernement, doit connaĂźtre ce qu’elle refoule. Si nous renonçons en effet Ă  toutes les mĂ©taphores reprĂ©sentant le refoulement comme un choc de forces aveugles, force est bien d’admettre que la censure doit choisir et, pour choisir, se reprĂ©senter. D’oĂč viendrait, autrement, qu’elle laisse passer les impulsions sexuelles licites, qu’elle tolĂšre que les besoins faim, soif, sommeil s’expriment dans la claire conscience ? Et comment expliquer qu’elle peut relĂącher sa surveillance, qu’elle peut mĂȘme ĂȘtre trompĂ©e par les dĂ©guisements de l’instinct ? Mais il ne suffit pas qu’elle discerne les tendances maudites, il faut encore qu’elle les saisisse comme Ă  refouler, ce qui implique chez elle Ă  tout le moins une reprĂ©sentation de sa propre activitĂ©. En un mot, comment la censure discernerait-elle les impulsions refoulables sans avoir conscience de les discerner ? Peut-on concevoir un savoir qui serait ignorance de soi ? Savoir, c’est savoir qu’on sait, disait Alain. Disons plutĂŽt tout savoir est conscience de savoir. Ainsi les rĂ©sistances du malade impliquent au niveau de la censure une reprĂ©sentation du refoulĂ© entant que tel, une comprĂ©hension du but vers quoi tendent les questions du psychanalyste et un acte de liaison synthĂ©tique [au cours de la cure psychanalytique, le malade mettrait en relation de façon forcĂ©ment consciente selon Sartre les reprĂ©sentations qu’il se fait de ce qu’il a refoulĂ© et l’explication de ce refoulement vers laquelle le psychanalyste tenterait de l’orienter] par lequel elle compare la vĂ©ritĂ© du complexe refoulĂ© Ă  l’hypothĂšse psychanalytique qui le vise. Et ces diffĂ©rentes opĂ©rations Ă  leur tour impliquent que la censure est conscience de soi. Mais de quel type peut ĂȘtre la conscience de soi de la censure ? Il faut qu’elle soit conscience d’ĂȘtre conscience de la tendance Ă  refouler, mais prĂ©cisĂ©ment pour n’en ĂȘtre pas conscience. Qu’est-ce Ă  dire sinon que la censure doit ĂȘtre de mauvaise foi ? La psychanalyse ne nous a rien fait gagner puisque, pour supprimer la mauvaise foi, elle a Ă©tabli entre l’inconscient et la conscience une conscience autonome et de mauvaise foi. C’est que ses efforts pour Ă©tablir une vĂ©ritable dualitĂ© – et mĂȘme une trinitĂ© Es, Ich, Über-Ich s’exprimant par la censure – n’ont abouti qu’à une terminologie verbale22. » La critique de Sartre montre qu’il n’a pas compris Freud ou alors qu’il est lui-mĂȘme de mauvaise foi. En effet pour Freud la censure est inconsciente. Elle ne saurait ĂȘtre consciente. Autrement dit l’homme ne sait pas qu’il rejette ou qu’il refoule une idĂ©e dans son inconscient. Conclusion La thĂ©orie freudienne a Ă©tĂ© attaquĂ©e sous plusieurs angles. Toutes ces attaques visent ou bien Ă  nier la rĂ©alitĂ© de l’inconscient freudien, ou bien Ă  le dĂ©naturer, Ă  la rĂ©duire Ă  la mĂ©canique corporelle.. Qu’est-ce qu’il y a d’insupportable dans la thĂ©orie freudienne pour expliquer ces attaques vĂ©hĂ©mentes ? Pourquoi refuser l’hypothĂšse de l’inconscient psychique ? C’est qu’elle produit une blessure narcissique elle porte atteinte Ă  la prĂ©tention de l’homme Ă  vouloir ĂȘtre le maĂźtre de son existence. Elle porte atteinte Ă  la souverainetĂ© humaine. L’homme moderne, europĂ©en, se pense le sommet de la crĂ©ation; de mĂȘme qu’il croyait que la Terre Ă©tait au centre de l’univers. L’hypothĂšse de l’inconscient dĂ©centre l’homme et le rend Ă©tranger Ă  lui-mĂȘme. Il dĂ©couvre en lui des forces Ă©trangĂšres, occultes. Il devient Ă©tranger Ă  ses propres yeux, ce qui ne manque pas de l’inquiĂ©ter durablement. L’ĂȘtre humain prĂ©fĂšre alors ne pas savoir. Une des derniĂšres tentatives pour rĂ©duire l’inconscient psychique Ă  du connu est de faire appel aux neurosciences. Mais les neurosciences vont confirmer l’existence de l’inconscient freudien. C/ Freud et les neurosciences Les neurosciences visent un double objectif. Parvenir, grĂące Ă  de nouvelles techniques d’imagerie cĂ©rĂ©brale IRMf et TEP Ă  comprendre le fonctionnement du cerveau en temps rĂ©el ; et proposer de nouveaux traitements pour les maladies mentales qui ne seront plus que des dĂ©rĂšglement de la mĂ©canique cĂ©rĂ©brale. C’est toutefois mĂ©connaĂźtre la dimension sociale de la maladie mentale. La remise en question contemporaine de l’inconscient freudien par les neurosciences vise Ă  soigner les troubles mentaux de maniĂšre plus efficace que la psychothĂ©rapie traditionnelle, mais certains, dans leur fantasmes dĂ©lirants voient dans les neurosciences une tentative dĂ©miurgique de crĂ©er un homme nouveau qui serait une machine biologique programmable Ă  volontĂ©. ReconnaĂźtre ou non l’existence de l’inconscient reprĂ©sente un enjeu de sociĂ©tĂ©. Avec les neurosciences, on espĂšre manipuler l’esprit et la volontĂ©. On veut donc porter atteinte Ă  la libertĂ© fondamentale du sujet humain, Ă  sa crĂ©ativitĂ©. Cf. l’article suivant de wikipedia. L’inconscient constitue donc un refuge de la libertĂ© celle-ci se manifeste dans la crĂ©ation artistique visuelle ou musicale. Ce n’est pas hasard que la psychanalyse est interdite de pratique ou d’enseignement dans les Ă©tats autoritaires comme la Chine. Par son symptĂŽme, l’individu rĂ©siste Ă  l’ordre totalitaire, d’oĂč la difficultĂ© des psychothĂ©rapies. L’homme moderne trouve dans son inconscient la force nĂ©cessaire pour rĂ©sister aux exigences de la sociĂ©tĂ© de consommation.. Or, il n’y a pas d’autre limite Ă  la consommation que la mort. L’homme ne peut se satisfaire d’une vie purement hĂ©doniste le bonheur ennuie. Conclusion gĂ©nĂ©rale La notion d’inconscient psychique est un enjeu considĂ©rable dans ce siĂšcle. Cet enjeu, nous pouvons nous le reprĂ©senter sous forme d’une alternative ou l’inconscient existe et l’homme reste humain, mĂȘme dans les pire crimes; ou bien l’inconscient n’existe pas et l’homme devient une machine biologique programmable. 1RenĂ© Descartes, ƒuvres philosophiques, Ă©d F. AlquiĂ©, 3 vol., Paris, Garnier, Classiques Garnier », 1963-1973, rééd. 1997-1999 dĂ©sormais FA, II, p. 586. 2Descartes selon l’ordre des raisons, t. I, sq et 94-103. 3AT VII 246 4À Arnauld, 29 juillet 1648 5AlquiĂ©, op. Cit. p. 652 et AT VII 214-15-22=IX-1, 166-167 6Lettre Ă  Chanut, 6 juin 1647, Ă©dition citĂ©e, p. 1277 Beyssade, La philosophie premiĂšre de Descartes, Paris, Flammarion, 1979, p. 222. Marion, Sur le prisme mĂ©taphysique de Descartes,op. cit., citations p. 100-101. 10A. Goffart, Revue nĂ©o-scolastique, 7e annĂ©e, n°26, 1900, pp. 153-172 11Descartes, Lettre Ă  Élisabeth, 6 octobre1645, La Pléïade, p. 1212. 12Lettre Ă  Chanut, 6 juin 1647, La Pléïade, p. 1277. 13Entretiens mĂ©taphysiques, I, 1. 14IntĂ©ressants, captivants 15aussitĂŽt 16Anthropologie du point de vue pragmatique, § 5 1798 17Le monde comme volontĂ© et comme reprĂ©sentation, SupplĂ©ment au chapitre 19 du livre II 18 Une difficultĂ© de la psychanalyse 1917 19 Cette partie la plus ancienne de l’appareil psychique reste, tout au long de la vie, la plus importante. C’est par son Ă©tude qu’a commence la recherche psychanalytique. 21Esquisse d’une thĂ©orie des Ă©motions 1939 22L’Être et le NĂ©ant 1943 La plupart des souffrances humaines sont inutiles. Elles se forment, par ce que l’esprit superficiel gouverne notre vie. La souffrance que nous ressentons en ce moment est toujours une forme de non-acceptation, une forme de rĂ©sistance inconsciente Ă  ce qui est. Au niveau de la pensĂ©e, la rĂ©sistance est une forme de jugement. Sur le plan Ă©motionnel, c’est une forme de nĂ©gativitĂ©. La souffrance varie en intensitĂ© en fonction de notre rĂ©sistance au moment prĂ©sent, et cela, Ă  son tour, dĂ©pend de l’intensitĂ© avec laquelle nous nous identifions Ă  notre esprit. L’esprit cherche toujours Ă  nier et Ă  Ă©chapper au prĂ©sent. Annonce En d’autres termes, plus nous nous identifions Ă  notre esprit, plus nous souffrons. Ou encore, plus nous respectons et acceptons le PrĂ©sent, plus nous nous libĂ©rons de la douleur, de la souffrance et de l’esprit. Pourquoi l’esprit a-t-il l’habitude de nier ou de rĂ©sister au Maintenant ? Parce qu’il ne peut pas fonctionner et garder le contrĂŽle sans ĂȘtre associĂ© au temps, Ă  la fois passĂ© et futur, et donc il voit le prĂ©sent intemporel comme menaçant. En fait, le temps et l’esprit sont insĂ©parables. Imaginez la Terre sans vie humaine, habitĂ©e uniquement par des plantes et des animaux. Pixabay Y aurait-il encore un passĂ© et un futur ? Est-ce que les questions quelle heure est-il ? » ou quel jour sommes-nous aujourd’hui ? Ă  un sens Ă  un chĂȘne ou Ă  un aigle ? Je pense qu’ils seraient intriguĂ©s et rĂ©pondraient Bien sĂ»r que on est maintenant. C’est maintenant. Qu’y a-t-il d’autre? » Il ne fait aucun doute que nous avons besoin de l’esprit et du temps, mais dĂšs qu’ils prennent le contrĂŽle de nos vies, des problĂšmes, des souffrances et des chagrins surgissent. Pour s’assurer qu’il garde le contrĂŽle, l’esprit travaille tout le temps pour cacher le moment prĂ©sent avec le passĂ© et le futur. Ainsi, la vitalitĂ© et le potentiel crĂ©atif infini du Soi, qui est insĂ©parable du Maintenant, sont obscurcis par le temps et notre vraie nature est obscurcie par l’esprit. Annonce Nous souffrons tous d’ignorer ou de nier chaque moment prĂ©cieux ou de le rĂ©duire Ă  un moyen de rĂ©aliser quelque chose dans le futur, quelque chose qui n’existe que dans nos esprits, et jamais dans la rĂ©alitĂ©. Le temps accumulĂ© dans l’esprit humain contient beaucoup de souffrances dont l’origine est dans le passĂ©. Si vous ne voulez pas crĂ©er plus de souffrance pour vous-mĂȘme et pour les autres, ne crĂ©ez pas plus de temps, ou du moins pas plus qu’il n’est nĂ©cessaire pour faire face aux aspects matĂ©riels de votre vie. Comment arrĂȘter de crĂ©er » du temps ? Avoir une conscience profonde que le moment prĂ©sent est tout ce que vous avez. Faites-en dĂšs maintenant l’objectif principal de votre vie. Si auparavant vous Ă©tiez obsĂ©dĂ© par le temps et que vous faisiez des visites rapides au prĂ©sent, inversez cette logique, fixez-vous au prĂ©sent et faites des visites rapides au passĂ© et au futur lorsque vous avez besoin de gĂ©rer les aspects matĂ©riels de votre vie. Dites toujours oui » au moment prĂ©sent. Quoi de plus insensĂ© que de crĂ©er une rĂ©sistance intĂ©rieure Ă  quelque chose qui existe dĂ©jĂ  ? Quoi de plus insensĂ© que de s’opposer Ă  la vie elle-mĂȘme, qui est maintenant et toujours maintenant ? Abandonnez-vous Ă  ce qui est. Dites oui » Ă  la vie et voyez comment cela change les choses. Eckhart TollĂ© Voir plus Article prĂ©cĂ©dent On peut ĂȘtre une femme Ă©panouie cĂ©libataire ou sans enfant a dĂ©clarĂ© Jennifer Aniston Article suivant Vous voulez bien faire dans la vie ? DĂ©veloppez votre intelligence Ă©motionnelle ClĂ©ment a toujours Ă©tĂ© trĂšs empathique et possĂšde de grandes capacitĂ©s d'Ă©coute, lorsque les gens ont besoin de conseils dans leurs relations, c'est toujours vers lui qu'ils se tournent. Objectif Comprendre la notion d'inconscient Points clĂ©s L'inconscient met en Ă©vidence la baisse de la vigilance, contrairement Ă  la conscience. Chez l'homme, certains comportements sont en effet automatiques, rĂ©sultant d'habitudes. L'inconscience implique Ă©galement l'irresponsabilitĂ© morale. Cependant, l'inconscient pose dĂ©bat sur la souverainetĂ© ou non de la conscience. 1. De l'inconscience animale Ă  la conscience humaine a. Inconscience et vigilance Les animaux et les hommes ont des perceptions, Ă©prouvent des sensations et manifestent des comportements liĂ©s Ă  leur survie. Ils sont dotĂ©s de conscience, au sens de vigilance psychique. L'inconscience met en Ă©vidence la baisse de la vigilance c'est un Ă©tat physique et mental liĂ© au fonctionnement du corps. Ainsi le sommeil est-il un Ă©tat inconscient. La conscience culmine chez l'homme en effet, l'homme est un ĂȘtre vivant qui ne se borne pas Ă  sentir, percevoir et agir ; il sait qu'il sent, perçoit et agit. L'ĂȘtre humain s'avĂšre capable de rĂ©flexion sur soi. La conscience rĂ©flĂ©chie n'appartient qu'au sujet pensant dotĂ© de raison. Dans cette perspective, ne serait-il pas tentant d'attribuer le plus haut degrĂ© de conscience Ă  l'homme ? L'inconscience ne serait-elle pas liĂ©e aux ĂȘtres les plus instinctifs, alors que la conscience rĂ©flĂ©chie, liĂ©e Ă  l'intelligence et Ă  la pensĂ©e, caractĂ©riserait les ĂȘtres capables d'hĂ©siter entre plusieurs actions possibles et de dĂ©libĂ©rer avec lui-mĂȘme avant de choisir ? Bergson 1859-1941 souligne l'intensitĂ© de la conscience humaine au moment du choix Quels sont [...] les moments oĂč notre conscience atteint le plus de vivacitĂ© ? Ne sont-ce pas les moments de crise intĂ©rieure, oĂč nous hĂ©sitons entre deux ou plusieurs partis Ă  prendre [...] ? Si conscience signifie mĂ©moire et anticipation, c'est que conscience est synonyme de choix. » L'Énergie spirituelle, 1919 C'est pourquoi, il est douteux », comme le dit encore Bergson, qu'on rencontre la conscience dans des organismes [...] qui n'ont pas de dĂ©cisions Ă  prendre ». b. Inconscience et habitude On observe chez l'homme certains comportements instinctifs, rĂ©sultant d'habitudes acquises. La plupart de ces comportements, dans la vie quotidienne, sont machinaux nous n'avons pas besoin, pour accomplir certaines actions, de rĂ©flĂ©chir. L'apprentissage de la conduite automobile, par exemple, semble fastidieuse, mais une fois que nous maĂźtrisons cette conduite, nous n'y pensons plus. Il en va de mĂȘme pour l'apprentissage d'un sport, voir d'un instrument de musique. N'y a-t-il pas, dans ces automatismes de la vie quotidienne, une forme d'inconscience ? Il y a, en tout homme, un ensemble d'automatismes, facilitant l'adaptation au milieu naturel et Ă  l'environnement social. La pensĂ©e consciente aurait, en somme, pour auxiliaires des activitĂ©s inconscientes fort utiles, ayant une fonction pratique. 2. L'inconscience morale une inconscience typiquement humaine L'inconscience n'est pas seulement un Ă©tat propre Ă  un organisme vivant, mettant en Ă©vidence une dĂ©faillance, une baisse ou une interruption de la vigilance. C'est aussi un Ă©tat d'esprit accompagnant un certain type de conduite humaine. On dit d'un homme qu'il est inconscient lorsque sa conduite est irresponsable ou lĂ©gĂšre, s'avĂšre blĂąmable, et porte prĂ©judice tant Ă  lui-mĂȘme qu'Ă  autrui. Il ne mesure pas les consĂ©quences de ses actes et ne prend pas en considĂ©ration la personne d'autrui. Ses dĂ©sirs et ses passions l'emportent sur sa raison, il semble ĂȘtre indiffĂ©rent aux valeurs morales. Les philosophes, dĂšs l'AntiquitĂ© grecque, dĂ©noncent ce type d'inconscience, caractĂ©risĂ©e par la non-maĂźtrise de soi. Socrate 470-399 av. est un modĂšle de maĂźtrise de soi et de dignitĂ© morale, que les Ă©coles philosophiques postĂ©rieures au platonisme ne cesseront de cĂ©lĂ©brer. La sagesse socratique porte la conscience morale Ă  son plus haut degrĂ© de perfection. 3. Le sujet pensant est-il conscient de tout ce qu'il pense, conçoit et ressent ? a. Les activitĂ©s inconscientes ne mettent pas en cause la souverainetĂ© de la conscience Les philosophes n'ont pas manquĂ© de signaler, au sein du sujet conscient, la prĂ©sence d'opĂ©rations et d'Ă©tats inconscients. Ainsi, comme l'explique Leibniz 1646-1716, les hommes ne perçoivent pas toutes les impressions qu'ils ressentent. Certaines perceptions sont insensibles ce sont des perceptions qui affectent le sujet, mais dont il ne se rend pas compte. Ainsi en est-il du bruit de la mer Pour entendre le bruit de la mer, il faut bien qu'on entende les parties qui composent ce tout, c'est-Ă -dire le bruit de chaque vague, quoique chacun de ces petits bruits ne se fasse que dans l'assemblage confus de tous les autres ensemble, et qu'il ne se remarquerait pas si cette vague qui le fait Ă©tait seule » Nouveaux essais sur l'entendement humain, 1704 Leibniz montre donc qu'il existe des perceptions de l'Ăąme dont nous ne sommes pas conscients. Mais, tout en signalant cette part d'inconscient en l'homme, la plupart des philosophes ne cessent de cĂ©lĂ©brer la souverainetĂ© du sujet conscient. Spinoza, dans La Lettre Ă  Shuller 1674-1675, compare la libertĂ© humaine Ă  celle de la pierre Une pierre reçoit d'une cause extĂ©rieure qui la pousse Ă  une certaine quantitĂ© de mouvement, par laquelle elle continuera certainement de se mouvoir aprĂšs l'arrĂȘt de l'impulsion externe. [...] Cette pierre, assurĂ©ment, puisqu'elle n'est consciente que de son effort, et qu'elle n'est pas indiffĂ©rente, croira ĂȘtre libre et ne persĂ©vĂ©rer dans son mouvement que par la seule raison qu'elle le dĂ©sire. Telle est cette libertĂ© humaine que tous les hommes se vantent d'avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs dĂ©sirs et ignorants des causes qui les dĂ©terminent ». Cette lettre, restĂ©e cĂ©lĂšbre dans l'histoire de la philosophie, montre que Spinoza ne croit pas Ă  la libertĂ© humaine. Toutefois, il serait faux de dire que Spinoza renonce Ă  l'idĂ©e de libertĂ© sachant que la libertĂ© est une illusion, dira-t-il en substance dans L'Éthique 1677, l'homme pourra apprendre Ă  devenir libre. Autrement dit, la conscience de ne pas ĂȘtre libre donne accĂšs Ă  la libertĂ©. b. La contestation de la souverainetĂ© de la pensĂ©e consciente Au XIXe siĂšcle, l'idĂ©e que la conscience est transparente Ă  elle-mĂȘme est radicalement remise en cause. Nietzsche 1844-1900 dĂ©nonce la superficialitĂ© de l'activitĂ© consciente. La pensĂ©e consciente ne serait qu'un aspect minime, voire dĂ©risoire, de l'activitĂ© de l'esprit. Ce qu'il y a de meilleur en l'homme Ă©chapperait Ă  la juridiction du moi » conscient. Le sujet conscient et volontaire, un et unifiĂ©, serait une illusion, engendrĂ©e la tradition grecque et chrĂ©tienne. La contestation vient ensuite de la psychanalyse. Freud 1856-1939, partant de l'Ă©tude des souffrances psychologiques, pose l'activitĂ© d'un inconscient, parallĂšlement Ă  celle de la conscience et opĂ©rant, donc, Ă  l'insu du sujet rĂ©flĂ©chi. La pensĂ©e consciente n'aurait pas la toute puissance que la tradition philosophique, morale, et religieuse, lui prĂȘte. Il y aurait, en tout homme, dĂšs l'enfance, des images, des souvenirs et des pensĂ©es, Ă©cartĂ©s et maintenus hors de la conscience cette opĂ©ration, que Freud nomme le refoulement », serait liĂ©e Ă  la pulsion sexuelle. Selon Freud, trois instances structurent le psychisme le moi », le ça », le surmoi ». Le moi » est l'Ă©quivalent de ce que nous appelons la conscience ». Notre moi s'exprime, par exemple, lorsque nous disons je ». Le ça » correspond Ă  l'inconscient, et plus particuliĂšrement aux pulsions et aux dĂ©sirs dont nous n'avons pas conscience - et dont le surmoi » empĂȘche la rĂ©alisation. Le surmoi correspond essentiellement Ă  l'instance morale Freud le compare Ă  la loi, aux interdits, mais aussi Ă  l'image du pĂšre. La seconde topique », qui correspond Ă  la tentative de dĂ©crire la structure du psychisme divisĂ©e en un moi, un ça et un surmoi a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e par Freud en 1920. La psychanalyse marque profondĂ©ment la pensĂ©e philosophique car elle met en cause l'idĂ©e traditionnelle de la conscience, par essence rationnelle. L'hypothĂšse de l'inconscient ruine l'idĂ©e selon laquelle le moi » serait maĂźtre en sa maison », selon les propres termes de Freud. Le moi » n'est dĂ©sormais plus transparent Ă  lui-mĂȘme. Vous avez dĂ©jĂ  mis une note Ă  ce cours. DĂ©couvrez les autres cours offerts par Maxicours ! DĂ©couvrez Maxicours Comment as-tu trouvĂ© ce cours ? Évalue ce cours ! Fiche de cours VidĂ©os Profs en ligne